Football professionnel belge : un engagement social renforcé malgré un bilan financier négatif

© JIMMY BOLCINA

Deloitte et la Pro League ont publié aujourd’hui le rapport annuel « Étude de l’impact socioéconomique de la Pro League sur l’économie belge », qui mesure quantitativement et qualitativement l’impact socio-économique du football professionnel belge. Bien que les revenus aient enregistré une baisse de 22 % en 2020/2021 par rapport à 2019/2020, notamment en raison de la chute des revenus de billetterie et de la diminution des rentrées commerciales, la contribution du football professionnel belge à notre économie s’élève à 962 millions d’euros. Le secteur du football belge a créé près de 4 500 emplois, soit 954 de plus que la saison précédente. Malgré la baisse des revenus, les clubs ont continué à investir dans la société, en augmentant la création d’emplois ainsi que via des initiatives sociales et durables.

Lorin Parys, CEO de la Pro League: « Nos clubs prennent plus que jamais au sérieux leur engagement  social, malgré les coups portés par la crise du Covid. L'investissement social a augmenté de 28 % par  rapport au niveau pré-Covid de 18/19. En 2020/2021, nos clubs ont versé près de 2,3 millions d’euros  à quelque 300 projets locaux, touchant environ 47 000 personnes vulnérables. Nous avons investi  2,4 millions d’euros supplémentaires dans le football féminin, soit une croissance de 65 %. Enfin, le  football professionnel a été responsale d’une injection de 50 millions d’euros dans nos académies de  jeunes. » 

« Autant de chiffres qui prouvent que nous continuons -malgré les défis économiques du secteur - à accroître nos efforts pour devenir le moteur social que nous devons être. Et avec l'adoption du plan global "Football First", nos clubs passent à la vitesse supérieure en ce qui concerne les investissements obligatoires dans les équipes de football G pour les joueurs handicapés, le football féminin et la formation des jeunes. En tant que plus grand sport du pays, nous assumons également la responsabilité qui en découle. » 

Malgré une sérieuse baisse, aussi bien des revenus opérationnels que de la rentabilité des clubs, le nombre de projets sociaux est revenu au même niveau qu’avant la pandémie. En 2021, nos clubs se sont engagés dans un total de 296 projets, en ligne avec les 300 projets organisés et soutenus en 2019. En 2020/2021 par exemple, il y avait 18 équipes de football G actives au sein des clubs de Pro League.

Les clubs ont en outre investi 2,4 millions d’euros dans le football féminin professionnel en 2021, une augmentation de 65 % par rapport à l’année précédente. Ces investissements renforcent l’importance croissante du football féminin. L'investissement national et la visibilité accrue de la Scooore Super League par le biais de l'accord Pro League avec Eleven concordent avec la sensibilisation et l'élan croissants du Championnat d'Europe de football 2022 ce mois-ci.

La jeunesse reste importante

Les investissements dans les académies de jeunes sont par ailleurs restés stables par rapport à 2019/2020. Ceci souligne la valeur stratégique de l’identification/du développement des jeunes dans le modèle opérationnel des clubs. Ceux-ci offrent ainsi un contrat professionnel à davantage (+7 %) de jeunes joueurs (294). Qui dit plus de jeunes joueurs dit aussi plus de besoins d’encadrement et en 2020/2021, les clubs ont employé un total de 795 personnes rien que pour les académies de jeunes.

Même si très peu de matchs ont été disputés devant des spectateurs, les clubs ont réussi à maintenir une relation avec leurs supporters en développant leur stratégie numérique, leur permettant ainsi de créer du contenu et des messages sur mesure en fonction du public. Ces efforts se sont traduits par une croissance accélérée du nombre d’abonnés sur les réseaux sociaux (7,9 millions). Le nombre de clubs de supporters a également augmenté, atteignant le nombre de 466.

La durabilité est une tendance émergente dans le football (européen) et gagne en importance en Belgique également. La Royale Union SG est un des clubs qui s’est démarqué en intégrant la durabilité dans son modèle opérationnel. Elle est devenue la première organisation sportive belge à rejoindre le programme « Sports for Climate Action » des Nations Unies. A travers ceci, la Royale Union SG s’engage à réduire ses émissions de CO2 de moitié d’ici 2030 et à devenir climatiquement neutre d’ici 2040.

Afin d’améliorer le dialogue et la collaboration entre les supporters et les clubs, des initiatives ont été mises en place pour stimuler positivement le comportement des supporters dans le football belge, de manière tant proactive que réactive. Le partenariat stratégique entre la Pro League et le musée Kazerne Dossin en est un bon exemple. Ce mémorial et centre de recherche à Malines s’efforce de sensibiliser au racisme, à l’exclusion et à la discrimination fondés sur l’origine, la religion, les convictions, la couleur de peau, le sexe ou l’orientation sexuelle.

Des pertes financières, mais un grand impact économique

Sur le plan financier, les clubs de football belges ont été lourdement impactés par la crise du COVID-19. Au cours de la saison 2020/2021, les revenus opérationnels globaux ont connu une chute vertigineuse de 22 %, soit 82,8 millions d’euros, par rapport à la saison 2019/2020. Cette baisse de revenus se situe bien dans la fourchette de baisse de 21 à 33 % qui avait été prévue dans le rapport Deloitte de l’année passée. Les revenus de billetterie et les rentrées commerciales ont chuté respectivement de 64 et 58 %, la quasitotalité des matchs s’étant déroulés à huis clos. Le ralentissement du marché mondial des transferts a entraîné un résultat net des transferts nettement inférieur mais toujours positif, passant de 109,2 millions d’euros en 2019/2020 à 38,1 millions d’euros en 2020/2021.

Les coûts salariaux ont augmenté en 20/21, en premier lieu en raison de l’augmentation du nombre de joueurs de football et de l’augmentation du salaire annuel moyen brut, qui est passé de 249 000 à 266 000 euros. Les coûts salariaux des joueurs ont donc augmenté de 6,2 % par rapport à l’année précédente pour s’élever à 327,7 millions d’euros. Nous avons aussi constaté une augmentation de près de 70 % de la croissance des emplois directs (+461) en raison du nombre croissant de salariés dans les clubs. Les coûts salariaux du personnel sont passés de 84 millions d’euros l’année précédente à 87,8 millions d’euros, ce qui montre que malgré la pandémie, les clubs ont continué à investir à long terme dans leur personnel et leurs programmes. 

Comme cela avait été prédit dans le précédent rapport, les clubs belges ont subi un coup dur avec la pandémie. Les revenus sont en baisse et les coûts en hausse. Pourtant, ils continuent à jouer un rôle important dans notre économie, ils ont réussi à mobiliser leurs supporters et ont continué à investir dans leur personnel. La dépendance de nos clubs par rapport aux sources de revenus traditionnelles que sont les revenus de billetterie et les rentrées commerciales souligne la nécessité d’innover en matière de modèle d’activité dans l’industrie du sport. Les sources de revenus doivent être diversifiées pour développer au bout du compte des modèles d’activité durables et résilientsSam Sluismans, Partner chez Deloitte Belgium

Malgré la pandémie, la contribution du football professionnel belge à l’économie belge s’est élevée à
962 millions d’euros, créant ainsi 4 493 emplois. Dans le rapport précédent, la contribution économique avait atteint 1,25 milliard d’euros. Cette baisse est due à l’effondrement des revenus opérationnels et des résultats nets des transferts, qui ont anéanti la croissance des trois saisons précédentes. De plus, pour la saison 2020/2021, 89 millions d’euros ont été transférés au Trésor public par le biais des différents mécanismes fiscaux.

Les conséquences imminentes de la chute au ranking de l’UEFA

En sortant du top 10 du ranking de l’UEFA, les équipes belges risquent d‘être privées de la source de revenus qui connaît la croissance la plus rapide dans le football européen (à savoir les prix de l’UEFA). Le nombre de places d'admission menace de diminuer, et nos clubs devront également participer de plus en plus tôt à des compétitions européennes contre des adversaires plus faible. Le plus grand risque est la perte de la place pour la qualification directe à la phase de groupes de l’UEFA Champions League 2023/2024.

Lorin Parys, CEO de la Pro League : « Outre les gains en argent, la participation belge aux compétitions européennes renforce l’attractivité de la Pro League, ce qui permet à nos clubs de conserver et d’attirer des joueurs prometteurs. Par conséquent, retrouver le Top 10 du ranking de l’UEFA est essentiel pour le football belge et les clubs doivent disposer des moyens (financiers) nécessaires pour rester compétitifs au niveau européen. La Pro League et les clubs prendront les initiatives nécessaires pour atteindre cet objectif. »

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